Par Diana Pizutti,
Directrice de programmes au Y des femmes de Montréal

Est-ce une surprise? Cette année, les médias québécois n’ont pas attendu le 1er juillet pour souligner la pénurie de logements disponibles, abordables et sécuritaires. À Montréal, c’est une véritable crise, résultant d’une exacerbation de la situation en raison de la pandémie qui a majoritairement touché les femmes, encore plus les femmes monoparentales, jeunes, âgées, immigrantes ou racisées, autochtones ou handicapées.

Le Y des femmes de Montréal s’intéresse depuis longtemps à cette problématique, et nous sommes porteuses à la fois des faits et de solutions.

Les faits

On assiste à un véritable engorgement des ressources d’hébergement d’urgence, à Montréal, en raison de la crise du logement criante. Qui plus est, parmi les ressources d’hébergement d’urgence, peu sont dédiées aux femmes : 16 % seulement à Montréal. 1

Saviez-vous que… ?

  • Selon la SCHL, en 2020, la hausse du prix des loyers a connu sa plus haute hausse depuis 2003 à 4,2 % ; 2
  • Le salaire féminin moyen est 89 % du salaire moyen masculin ;
  • Les femmes vivent plus longtemps, restent seules plus longtemps, et sont plus pauvres ;
  • 81,4 % des familles monoparentales de Montréal sont gérées par la mère (2016) ;
  • Une mère monoparentale sur trois vit sous le seuil de la pauvreté ;
  • 16,9 % des femmes ont perdu leur emploi depuis le début de la crise ;
  • La discrimination vécue par les femmes racisées et les femmes avec enfants est fréquente. Plus la mère a d’enfants, plus la discrimination est grande ;
  • 59 % des femmes à mobilité réduite ou vivant avec un handicap vivent en situation de pauvreté. En plus des logements non adaptés à leur réalité, elles arrivent difficilement à se permettre d’en payer un adéquat. 3

Vers une résidence transitionnelle bonifiée

Que peut-on imaginer pour arriver à briser le cycle de l’itinérance chez les femmes et réduire leurs risques d’y sombrer de nouveau?

Réponse : les femmes doivent avoir accès à des espaces sécuritaires où elles pourront retrouver une stabilité, rebâtir leur confiance et s’installer sur une longue période afin de se reconstruire. Et le Y des femmes prépare une bonification de ses services dans le cadre de son plan d’avenir 2023.

Eh oui, en 2023, nous disposerons d’une résidence transitionnelle transformée et adaptée où tout sera prévu pour donner aux femmes, à leurs enfants, famille ou proches aidé·e·s, la sécurité, une qualité de vie, des logements décents et le temps de se rebâtir. Ce projet pourra accueillir presque le double de femmes (± 100 unités) que notre résidence actuelle.