Par Jéhanara Sage et Léa Gosselin,
Conseillère en orientation et conseillère en emploi au Y des femmes de Montréal

Depuis 146 ans, le Y des femmes offre des services en employabilité aux femmes de Montréal. Au cœur de la mission que s’est donnée le Y des femmes à cette époque, les services d’employabilité le sont toujours autant aujourd’hui. Bien entendu, ceux-ci ont évolué années après années pour s’adapter aux besoins des femmes et au marché du travail en constant changement.

Changement majeur sur le marché de l’emploi : la pandémie

La pandémie est venue secouer le marché, à ce moment-là en plein emploi, et a ramené la situation d’emploi des femmes au niveau d’il y a trente ans. Cette situation est due, entre autres, aux pertes d’emploi dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration et des services non-essentiels ainsi que la prise en charge des soins des enfants, souvent automatiquement mis sous la responsabilité de la mère. Imaginez! 68 % des emplois perdus dans la crise étaient occupés par des femmes.

Et les impacts de cette crise se sont fait ressentir auprès de notre clientèle dans les différents programmes d’employabilité offerts aujourd’hui. En effet, puisqu’il ne manque pas d’emploi actuellement, nous recevons davantage de demandes de la part de femmes qui sont moins scolarisées, ayant un statut de chômage et davantage éloignées du marché de l’emploi à la suite d’une grossesse ou récemment immigrées au Canada, par exemple. Les femmes qui communiquent avec nous pour de l’accompagnement se limitent souvent dans leurs recherches d’emploi de peur de ne pas avoir ce qu’il faut pour travailler.  

Une expertise au profit de toutes les Montréalaises

C’est ici que l’expertise de notre équipe de conseillères en emploi et conseillères en orientation, comme nous, fait la différence pour ces femmes. Nous connaissons le marché de l’emploi montréalais, ses rouages et surtout la façon de tirer son épingle de jeu en développant les compétences personnelles (soft skills) de nos participantes ainsi que l’apprentissage des outils techniques. L’objectif de nos programmes est de redonner confiance aux femmes afin qu’elles ne craignent plus de passer à l’action.

Prenons l’exemple de Danielle* qui a participé au programme OSE (orientation service en emploi) en 2020. Comme de nombreuses femmes, le mois de mars 2020 a chamboulé sa vie et celle de sa famille. Cheffe d’équipe et couturière dans le domaine de la télévision et du théâtre, Danielle a dû mettre au chômage tous ses employé.es avant d’être elle-même remerciée par ses supérieurs lors du confinement. Bien honnêtement, elle nous confie que ce métier ne l’intéressait plus autant qu’avant et qu’elle songeait faire un changement de carrière.

Mais âgée de 48 ans avec deux enfants à charge, elle trouvait que ce n’était pas le moment idéal. Cet arrêt de travail forcé lui a donc permis de réfléchir à ce qu’elle désirait faire du reste de ses années actives sur le marché du travail. Toutefois, elle avait bien du mal à savoir par où commencer sa réflexion. Entre une séance d’école à la maison avec son plus vieux et la sieste d’après-midi de sa plus jeune, Danielle a communiqué avec le Y des femmes pour être accompagnée dans sa démarche. Après quelques rencontres individuelles avec Jéhanara, Danielle a eu une vision plus claire de ce qu’elle désirait et, surtout, comment tirer profit de ses expériences passées pour le futur.

Aujourd’hui, Danielle occupe un poste de soudeuse qui met en valeur sa dextérité et son sens de la précision tout en étant beaucoup mieux payée et en ayant un horaire très stable. Jamais elle n’aurait osé se lancer dans ce domaine majoritairement masculin avant ses rencontres avec le Y des femmes!

Le Plan d’avenir, pour rester pertinentes pour elles… longtemps!

Nous sommes emballées par tout le potentiel que propose le Plan d’avenir pour les femmes qui passeront par le Y des femmes dans leur parcours vers l’emploi. En effet, nous pourrons compter sur des espaces plus grands, mieux adaptés à la réalité du marché du travail actuel et nous pourrons accueillir davantage de participantes dans chacune des cohortes. De plus, nous allons concentrer nos efforts à accompagner nos participantes vers l’atteinte d’emplois stables et mieux rémunérés dans des secteurs en plein développement tels que les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques (STIM), ainsi que vers des métiers majoritairement occupés par des hommes et qui sont en manque de main d’œuvre qualifiée. Ces derniers offrent généralement de plus grandes possibilités d’avancement et, par le fait même, des carrières sur le long terme.

*nom fictif